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À Bourgoin-Jallieu, des soignants humanisent l'accueil des bébés prématurés

Comme le relate Le Dauphiné Libéré, des soignants du service de néonatologie de Bourgoin-Jallieu ont transformé de l'intérieur l'accueil des nouveau-nés prématurés en fondant en 2020 l'association Cœur2préma.

À Bourgoin-Jallieu, des soignants humanisent l'accueil des bébés prématurés

Tout part d'un constat posé au lit des bébés pendant la crise du Covid-19, lorsque l'interdiction des visites des fratries a rendu le service « désespérément blanc », selon les mots de Gaëlle, infirmière puéricultrice arrivée dans la structure en 2017. Cette histoire nous touche parce qu'elle rejoint, à l'échelle d'un hôpital, ce que nous mettons en œuvre chaque jour autour du portage: ramener de l'humain là où la technicité du lieu pourrait tout écraser.

Un service qui décide de changer la couleur des murs

Le service, ouvert en 2016 pour prendre en charge les bébés prématurés ou nés à terme nécessitant une surveillance médicale continue, a vu son équipe réagir à ce que Gaëlle résume simplement: « Le service était désespérément blanc, il fallait faire quelque chose. C'était très triste, très hospitalier. » Une première idée — une vente de fleurs devant l'hôpital pour la Fête des mères — a d'ailleurs été refusée par la direction, faute de structure juridique pour porter l'initiative. Qu'à cela ne tienne: les soignants se sont mobilisés et ont créé l'association, justement pour pouvoir adoucir durablement l'environnement des couveuses. Le déclencheur n'était pas médical, il était sensoriel et relationnel.

Ce que cela change pour le corps du nouveau-né

Ce qui nous parle, dans cette démarche, c'est qu'elle agit sur l'enveloppe plutôt que sur le soin lui-même. Or, le nouveau-né — qu'il naisse à terme ou avant — cherche en permanence la contenance: la chaleur, les limites nettes, le rythme d'une respiration adulte contre la sienne, la modulation des sons et de la lumière. Quand cette contenance manque, le système nerveux du bébé le perçoit immédiatement, bien avant que la technique ne le mesure. Les professionnels de Bourgoin-Jallieu l'ont observé au quotidien et ont choisi d'agir non pas sur la médecine, mais sur l'atmosphère — exactement ce que nous tentons de reproduire, à plus petite échelle, dans un nouage bien ajusté.

Ce que nous pouvons transposer à la maison

Trois appuis à garder en tête, pour que ce que font ces soignants résonne jusque dans notre salon:

  • Observer la posture du bébé porté avant tout le reste: colonne bien arrondie, bassin légèrement basculé, genoux plus hauts que les fessiers. Si quelque chose force, on ajuste le tissu — on ne serre pas l'enfant.
  • Penser à notre propre corps en premier: un parent qui a mal au dos après vingt minutes de portage ne pourra pas offrir une contenance stable. S'installer soi-même, c'est déjà envelopper l'autre.
  • Se souvenir que l'enveloppement ne passe pas que par l'écharpe: la voix basse, la lumière tamisée, les gestes lents sont aussi des couches de contenance, et leur effet sur le bébé est immédiat.

L'élan de Cœur2préma nous rappelle une chose essentielle: prendre soin d'un nouveau-né commence par transformer ce qui l'entoure. C'est précisément le geste que nous faisons, nouage après nouage, en replaçant le corps du bébé au centre.

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